Dans les bacs: La consolante d'Anna Gavalda
Statut du livre: A echanger
En parcourant la toile, j'ai constate que les avis sur le dernier roman d'Anna Gavalda etaient tres partages. j'avoue que je n'ai pas ete capable d'aller plus loin que la page 120 tant je n'ai pas reussi a rentrer dans l'histoire... si histoire il y a. On est tres tres loin de l'excellent "Ensemble, c'est tout".
Si vous souhaitez vous procurer ce livre, contactez-moi a :desbouquinistesany@yahoo.com
Source: fnac.com
Présentation rédigée par Anna Gavalda, à la demande de son éditeur :J'ai écrit le livre, j'ai dessiné la couverture et maintenant mon éditeur me demande de rédiger moi-même les prières d'insérer.
Le dilettante ? T'as raison...
Mon éditeur que je viens d'appeler à l'instant pour lui demander si on disait «un» ou «une» prière d'insérer et qui m'avoue qu'il ne sait pas. Que personne n'a jamais su. Bon, je sens que les pointillés du contrat, je vais les remplir toute seule aussi...
Je suis donc allée vérifier dans un dictionnaire et voilà ce que j'ai trouvé :
Faire ses prières. S'emploie, surtout à l'impératif, comme formule de menace pour inciter à se préparer à la mort, à une sévère punition.
C'est vrai ?
C'est ça, le genre de ce mot quand on l'emploie au pluriel ?
Gloups. Qu'est-ce que je fais là ?
Heureusement, la suite :
Equivalent noble de «Numéroter ses abattis».
Voilà qui m'inspire plus. Les miens ou ceux de mes personnages ? À l'heure où j'écris ces mots, ils n'existent pas encore et je ne suis guère plus vaillante... Mais retournons la bidoche et numérotons donc, numérotons ce qui bouge encore...
Extrait du livre :
Il se tenait toujours à l'écart. Là-bas, loin des grilles, hors de notre portée. Le regard fiévreux et les bras croisés. Plus que croisés même, refermés, crochetés. Comme s'il avait eu froid ou mal au ventre. Comme s'il s'agrippait à lui-même pour ne pas tomber.
Nous bravait tous mais ne regardait personne. Cherchait la silhouette d'un seul petit garçon en tenant fermement un sachet en papier contre son coeur.
C'était un pain au chocolat, je le savais bien, et me demandais à chaque fois s'il n'était pas tout écrasé, à force...
Oui, c'était à cela qu'il se retenait, à la cloche, à leur mépris, au détour par la boulangerie et à toutes ces petites taches de gras à son revers comme autant de médailles, inespérées.
Inespérées...
Mais... Comment pouvais-je le savoir à l'époque ?
À l'époque, il me faisait peur. Ses chaussures étaient trop pointues, ses ongles trop longs et son index trop jaune. Et ses lèvres trop rouges. Et son manteau trop court et bien trop serré.
Et le tour de ses yeux trop sombre. Et sa voix trop bizarre.
Quand il nous apercevait enfin, souriait en ouvrant les bras. Se penchait en silence, touchait ses cheveux, ses épaules, son visage. Et, pendant que ma mère m'amarrait fermement à elle, je recomptais, fasciné, toutes ses bagues sur les joues de mon ami.
Il en avait une à chaque doigt. De vraies bagues, belles, précieuses, comme celles de mes grands-mères... C'était toujours à ce moment-là qu'elle se détournait horrifiée et que moi, je lâchais sa main.
Alexis, lui, non. Ne se dérobait jamais. Lui tendait son cartable et mangeait son goûter de l'autre, la vacante, en s'éloignant vers la place du Marché.
Alexis, avec son extraterrestre en talonnettes, son monstre de foire, son bouffon des primaires, se sentait plus en sécurité que moi, et était mieux aimé.
Croyais-je.
Par Ms Mary, Mardi 29 Avril 2008 à 03:57 GMT+2 dans Romans francais contemporains (article, RSS)




